Refuge Jacha Inti

Ce n’était pas du tout prévu dans notre programme Bolivien, mais quelques posts sur Instagram, couplés à la situation tendue dans le pays, on a décidé de faire un volontariat de quelques jours dans un refuge animalier, à Samaipata

Située au centre du pays, dans la région de Santa Cruz, Samaipata est une petite ville de 4500 habitants, dont une grande partie d’expatriés. Elle est connue pour ses vestiges historiques Incas, et pour son climat agréable tout au long de l’année.

Le refuge animalier en lui-même est situé à 2.5km au sud de la ville. Il a été créé par Manuella, une Suissesse installée en Bolivie depuis 17 ans, dans le but de recueillir les animaux abandonnés ou maltraités et leur offrir une seconde vie.

Le trajet…

Mais avant de rentrer dans les détails du refuge, il a d’abord fallu s’y rendre, malgré tous les blocages présents dans le pays à ce moment-là. Pour rappel, on partait d’Uyuni, soit une distance de 700km jusqu’à Samaipata, en passant par Potosi et Sucre, 2 gros points de contestation.

Première étape : Uyuni – Potosi. Directement après notre tour du Sud Lipez et salar d’Uyuni, on entend une femme annoncer un bus vers Potosi, cool. Elle nous signale tout de même que la ville de Potosi est entièrement bloquée, et que le bus devra s’arrêter avant. Ok, on fera avec… C’est donc parti pour 4h de bus. Après un chemin plutôt mouvementé (le bus devait régulièrement escalader des restes de talus sur la route), on restera bloqué pendant 1 heure sur la route par des villageois en train de protester, avant de repartir. Puis finalement, le bus nous lâchera à 8km de Potosi, la route étant bloquée par des poids lourds garés en travers de la route. On finira donc à pied, avec Lewi et Tatjiana, un couple d’Allemands qui avait pris le même bus. Potosi était complètement morte, avec tous les magasins fermés (même le marché). Très difficile d’y trouver de quoi se nourrir… On ne va pas s’éterniser ici.

Le lendemain, on se met en route pour Sucre, à 150km, avec les Allemands. Tout étant bloqué sur la route, on arrivera à Sucre 8 heures plus tard, après 5 taxis différents, et 20km de marche avec nos gros sacs pour traverser les différents villages bloqués. Bon… On s’attendait à pire, donc on est soulagé d’être arrivé là.

C’est là que ça se complique… Le lendemain, direction le terminal de bus pour réserver notre trajet vers Samaipata. Il n’y a que des trajets de nuit, et ça dure 10 heures, sur une route pas terrible. Peu importe, une agence nous vend 2 places pour le soir-même, on ne pouvait pas espérer mieux. On en profite donc pour profiter un peu de Sucre pendant la journée : on monte sur les hauteurs, et on visite un monastère, ça a beaucoup de charme.

Seulement, arrivés le soir pour prendre le bus, la meuf de l’agence nous attendait avec impatience….pour nous annoncer que le bus était annulé… Les routes avaient de nouveau été bloquées dans la journée. Naaaaannnnn ! Tant pis, on retentera notre chance demain. En attendant, on profitera des salades de fruits énormes à 1€30…

Mais le lendemain et les jours suivants, la situation n’a pas bougé… Plusieurs blocages dans des villages sur la route empêchaient les bus de passer. On décide de prendre un avion vers Santa Cruz, les aéroports ayant été débloqués depuis peu. Les vols étaient tous bookés jusqu’au surlendemain matin, on devra donc attendre jusque là.

On est content de quitter enfin Sucre !

Arrivés à Santa Cruz, je regarde Claire et lui fait comprendre que je veux tenter le trajet Santa Cruz – Samaipata par la route (120km). Elle n’est pas enchantée mais elle accepte. La première agence de collectivos est fermée, ça n’annonce rien de bon… Allez, au point où on en est, on va voir la seconde. Le mec de l’agence nous annonce qu’ils font des passages intermédiaires car il y a 2 barrages sur la route. Vendu ! On a donc pris 3 taxis différents, avec quelques centaines de mètres de marche entre deux. Mais on y est arrivé ! On est à Samaipata !

Le refuge

On arrive au refuge, exténués, mais je suis hyper content d’avoir été si persévérant : On va pouvoir passer 8 jours dans notre bulle pour profiter d’un monde qu’on ne connait pas vraiment, les animaux.

On découvre Manu, la proprio, qui nous montre notre chambre et nous propose de visiter le parc tranquillement. On en profite pour se présenter aux autres volontaires, en plein boulot dans les différentes cages, un couple de Français, une Chilienne, un Argentin et un Uruguayen. L’ambiance est détendue, tout le monde bosse avec plaisir. On choisit ensuite nos fringues de travail : le style avant tout. Ou pas…

On découvre également tous les animaux dont on devra prendre soin pendant quelques jours : des perroquets, des toucans, un cochon sauvage, des singes, oies, canards, lamas, tejones, chats sauvages, chevaux, poules, lapins, chiens, chats… Il y a de quoi faire, du plus classique au plus exotique, et du plus affectueux au plus vénère.

On passera 8 jours vraiment agréables avec ces bestioles, mais aussi avec les autres bénévoles. On partage tout, on fait la bouffe pour tout le monde, le pain pour tout le monde, les courses au marché pour tout le monde. On est un vrai groupe pendant tout ce temps. Pour moi, ça a été vraiment enrichissant. Bon, au début, c’était dur de comprendre l’accent Argentin ou Uruguayen (entre la vitesse de parole et les « ch » à la place des « y »), mais on a fini par s’y faire. Ce séjour nous a aussi permis de bien manger : plats végé préparés par nos soins au menu, du pain maison chaque jour, du dulce de leche… On s’est remplumé un peu !

A part notre chambre, avec des souris dans le faux-plafond (je vous laisse imaginer les bruits la nuit et surtout l’odeur de pisse…), il n’y a pas vraiment eu de défauts. On serait bien resté plus longtemps !

Les animaux qui nous ont marqué

  • Les amazones, et leurs « hola » réguliers
  • Les toucans, qu’on pensait être des tapettes, mais qui n’hésitaient pas à venir essayer de nous piquer le cul avec leur bec (rassurez-vous, ça ne fait pas bien mal)
  • Chavo, le cochon sauvage hyper affectueux
  • Les chats sauvages, tellement mignons ! Ils font la taille d’un chat domestique, mais avec un pelage tacheté et des griffes affûtées. Ca ronronne quand tu les caresses, mais ça peut t’égorger à tout moment…
  • Les capucins, a qui on a donné des vieux annuaires pour les occuper, et qui les ont massacrés en quelques minutes (imaginez l’état de la cage…)

Trois mentions spéciales :

  • Kinhu, le petit chien pas très beau mais tellement attachant. Le premier à sauter dans les fights de la meute canine, et toujours prêt à te suivre au village, 2.5km plus loin
  • Victorina, la femelle singe araignée. Un visage hyper expressif, câline parfois (elle a fait un câlin à ma botte pendant 10 minutes un jour… impossible de s’en défaire…), et toujours prête à chiper de la bouffe. Toutes les poignées de porte sont verrouillées à cause d’elle
  • Ugo, un petit aras vert qui vole comme un pied (il atterrit en urgence plutôt qu’il ne vole), et pour qui j’avais pris l’habitude de faire le taxi à chaque repas : Il descendait de son arbre avec ses pattes et son bec, pour rejoindre mon bras, puis mon épaule, pour que je l’amène à son plateau de bouffe, rien que ça… Bon, ensuite j’ai dû le trahir en le mettant dans une cage plutôt que devant son plateau, parce qu’il commençait à se déplumer. Moment émotion !

Les insolites

  • Claire qui jette littéralement son plateau dans la cage des Tejones parce qu’ils ont sauté sur la bouffe dès qu’elle est entrée
  • Les tortues, qui passaient leur temps à copuler
  • Moi qui me fait cracher dessus H24 par un lama en allant leur servir à manger. Il m’attendait 2 fois par jour devant la porte de l’enclos juste pour ça le petit bâtard
  • Et surtout… Une pauvre femme étant venue amener son écureuil dans le refuge parce qu’elle estimait qu’il y serait mieux que chez elle. Sauf que celui-ci s’est barré de ses bras pour aller directement dans l’enclos des chiens… Qui l’ont bouffé ! Gros malaise…

Et surtout un énorme merci à tout le staff présent en même temps que nous. Ils nous ont tous apportés énormément en si peu de temps, c’était génial.

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