La Paz

Notre arrivée démarre joyeusement. Notre collectivo nous dépose devant le cimetière. Pas n’importe quel cimetière. On découvrera plus tard grâce aux multiples télépheriques traversant la ville son immensité. Presque un village, des immeubles de tombes, les unes sur les autres, impressionnant ! On ne le visitera pas de plus près puisque ce n’est pas notre truc. Mais quelques touristes aiment y déambuler.

Après avoir rejoint une auberge pour 9€/nuit on décide une fois de plus de se restaurer au marché le plus proche. On découvre un immense hangar, et de nombreux kiosques. On se restaure d’Albondigas, sortes de petites boulettes de viandes avec encore une fois du riz et des frites.

On décide ensuite d’aller voir la place principale de la ville et son quartier diplomatique. On constate que les rues sont barrées par les policiers (qui craignent de nouvelles manifestations). On se faufile facilement, et on découvre une énorme tour moderne où siège le président de Bolivie Evo Morales. Sur la place, les bâtiments anciens sont bien présents mais en réalité, l’attraction principale c’est la présence de milliers de pigeons. Benjamin les déteste presque autant que les lamas je crois…
Il déteste aussi les enfants qui leur jettent du maïs pour les approcher.

Personnellement je trouve la place assez fade, rien de grandiose. On continuera à arpenter les rues.

On passera également dans une rue très mignonne, au style colonial et coloré, la Calle Jaen

Le lendemain on a comme projet d’aller voir les Cholitas (dames aux habits traditionnels) ayant la particularité de pratiquer la lutte ! Un peu dans le style WWE.
On découvre sur un flyer que les combats ont lieu à El Alto (quartier dans les hauteurs de la Paz) . On s’y rendra par nos propres moyens (car l’agence ne nous a jamais répondu) via les téléphériques qui ne coûtent rien (3bob/pers). C’est assez déconcertant de voir des structures aussi modernes dans un environnement aussi vétuste.

Car dès qu’on se promène à El alto bienvenue aux multiples saveurs et odeurs ! Un marché immense qui s’étale sur des kilomètres allant de la vente de frigos à de la peau de lama, de fœtus et de viande à même le sol. De multiples substances étranges qui m’ont donné des hauts le cœur.

Mais c’est comme ça qu’ils vivent ici. Il n’existe pas de grandes surfaces. Chacun fait son beurre comme il peut. D’ailleurs, il paraît que la Bolivie détient un taux de chômage hyper bas. Il n’est pas rare de croiser des grands-mères derrière leur kiosques où à même le sol pour vendre du pop corn ou autre friandises. Comme les enfants, certains portents des packs d’eau, transportent où vendent des produits. Bien que l’école existe (puisqu’on croise de nombreux écoliers dans leur uniforme) on se demande si l’école est vraiment obligatoire à temps plein… Ou si leurs parents ont vraiment besoin de leur soutiens pour survivre…
Quoiqu’il en soit on réalise bien qu’il s’agit d’un pays pauvre et que la réalité malgré les panoramas qu’on vous partage n’est pas toujours aussi rose.

Bref, tout ça pour vous dire qu’on a traîné dans El alto 3h pour au final ne jamais trouver le lieu des combats. Nous sommes déçus d’avoir perdu notre temps…mais bon avant ça il faut dire que la mâtinée avait plutôt bien commencée.

Oui je reviens un peu en arrière, au matin même pour prendre le téléphérique on s’est rendu au quartier de Sopocachi de la Paz. Quartier Bohême, vraiment charmant, ici pas de vente ambulante, le quartier est propre, les bâtiments aussi. Mais surtout, même après avoir déjeuner, on croise une pâtisseries à la française. Et devinez quoi ? Devant moi se dresse une tarte au citron. J’ai pas faim mais je m’en fous, je regarde Benji profondément dans les yeux, il comprend à l’instant même que c’est foutu, je craque !
Petit excès alimentaire mais qui fait tellement du bien !

J’allais oublier, avant ça on en a profité pour booker notre prochaine journée. La route de la mort en vélo :

Ça y est on se lève aux aurores (5h50) pour être sur le perron de l’auberge. Le van doit nous récupérer à 6h00…enfin 6h45 (heure Bolivienne) on est congelé mais on retrouve une joyeuse troupe à l’intérieur, un couple de Belges et une Bretonne.

En parlant un peu on apprend qu’on n’a rien raté du combat de Cholitas, que le show était mauvais à souhait. Tant mieux.

En arrivant au départ du circuit on se dit qu’on va cailler… Puisqu’il fait gris et humide et qu’on démarre à 4700 mètres d’altitude. Notre équipement est digne de celui de robocop, genouillères, coudières, combinaison et casque intégral. Super, à croire qu’on va tous y passer…

On écoute sagement notre guide pour les consignes de sécurité. Les 8 premiers kilomètres sont easy, à fond sur de l’asphalte, à part le froid, glaçant nos mains aggripées aux freins. Pour l’instant on ne voit rien du paysage mais on sent déjà l’adrénaline monter.

On fait plusieurs pauses. Jusqu’à enfin débuter la vraie route de la mort. Sur un terrain bien rocailleux mais avec en fond un paysage inestimable. On croise de nombreuses tombes : Avant, cette route était parcourue par de nombreux camions, voitures et bus… Et parfois même, souvent l’étroite route ne laissait que peu de chance de s’en sortir à la moindre erreur de manœuvre. D’où son célèbre surnom « route de la mort ». Heureusement une nouvelle route a été construite et donc l’ancienne est désormais l’attraction phare autour de la Paz, la descente en vélo.

On a parfois quelques frayeurs, pas de barrières de sécurité, si tu tombes bah tu peux toi aussi avoir ta petite tombe. Personnellement je joue la carte de la prudence et préfère abuser de mes freins. Vous comprendrez facilement que je ne ferai pas partie de la tête du peloton. Tant pis pour la médaille..

Je me régale vraiment, je peux déjà vous dire que ça fera parti du top 3 de la Bolivie !

Arrivés en bas, on aura le plaisir de déguster une bière bien méritée. Ensuite on ira dans un camping où on se régalera d’un super buffet et d’une piscine.
Vers 16h on repart avec notre super van, sauf qu’en arrivant devant on constate le chauffeur et le photographe guillerets devant la roue d’un vélo à moitié plié. Visiblement ils ont sous-estimé la hauteur du van une fois les vélos fixés. On se demande si on va finir par rentrer sans problème… Et bien non !

On va tomber en panne au bout de 30mins de côte (théoriquement on avait 3h de trajet jusqu’à la Paz). Le moteur fume jusque dans l’habitacle. Le chauffeur tente de réparer la bête mais on comprend vite l’échec évident.

On finira par retourner sur nos pas, moteur éteint, dans un village paumé où l’on prendra un collectivo. Arrivée à 21h30 à l’agence on est affamé et réclamons un repas gratuit envers le directeur de l’agence. Il nous offrira une part de pizza et une bière, c’est déjà ça.

Le lendemain on retrouve notre petite équipe pour aller visiter la Vallée de la lune.
Un décor atypique à deux pas de la Paz. Une belle petite balade qu’on aura bien méritée puisqu’à l’aller un barrage de manifestants nous obligera à prendre deux collectivos.

Au retour, grâce à notre ami Renan, on embarquera tous à l’arrière d’un pick-up pour retourner au centre de la Paz, plutôt amusant.

Prochaine étape, le parc national de Sajama.

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