Île du Nord (2/2)

Moitié nord, de Tauranga à Whangarei

De Tauranga à Coromandel

Sur notre route vers le nord de l’île, on passe par Tauranga. C’est une station balnéaire sur la côté est, mais ce qui nous intéresse le plus, c’est le mon Maunganui, au bout d’une presqu-île.

Aujourd’hui, il fait chaud, très chaud… On attaque donc l’ascension de cette colline avec un peu d’appréhension. La montée est parfois assez raide, mais le chemin est large. Au bout de 5 minutes, on est tout dégoulinant de sueur. On passe devant un paquet de moutons (comme très souvent en NZ), avant d’arriver en haut. La vue est géniale. L’océan, les plages, et de petites îles vertes forment ce panorama.

On redescend ensuite pour une baignade bien méritée dans la baie. L’eau est bonne.

Après cette petite pause, on reprend notre chemin, cette fois-ci vers la mine de Martha, à Waihi. C’est une mine à ciel ouvert, dans laquelle les mineurs allaient récupérer de l’or. Dans un premier temps, à la fin du XIXe siècle, c’était une mine classique, avec de longs tunnels, jusqu’à 16 étages de profondeur. Elle a ensuite été abandonnée dans les années 50 suite à la chute du prix de l’or. Lors de la remontée du prix vers les années 80, les prospecteurs calculèrent que la mine serait à nouveau rentable si elle était ouverte. Après des travaux d’excavation, la mine rouvrira en 1988, et ce jusqu’en 2016, date de fermeture définitive en raison d’éboulements.

La mine laisse aujourd’hui un point de vue assez impressionnant, en raison de sa taille gigantesque. Les énormes camions-benne paraissent tout petits en contre-bas, alors qu’un exemplaire est conservé en haut pour se rendre compte de sa taille réelle.

Comme ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas baigné, on se dirige ensuite vers les chutes d’Owharoa, sans savoir vraiment à quoi s’attendre. On est agréablement surpris en arrivant sur les lieux : La cascade est belle, et on peut se baigner dans un large et profond bassin. Cerise sur le gâteau, on peut même plonger en grimpant un peu sur les parois de la cascade. Un régal !

Après cette pause rafraîchissante, on file vers un lieu plutôt original : une rando sur un ancien chemin de fer, dont un tunnel de 1000m de long, à Karangahake.

Ce chemin de fer, ce tunnel, et les multiples ponts métalliques ont été construits au début des années 1900 pour acheminer plus rapidement les matériaux et l’or depuis Waihi qu’avec des chevaux. La voie suit les gorges de la rivière Ohinemuri, qui serpente vers l’aval. D’où la nécessité de creuser la montagne ou faire des ponts pour traverser d’un côté et de l’autre de la rivière. Cette voie a ensuite été abandonnée seulement 15 ans plus tard, quand les cours de l’or se sont effondrés.

Le chemin commence sur un pont métallique au-dessus de l’eau, avec un premier étage pour les véhicules, et un second pour le chemin de fer. Le pont mène directement au tunnel, long de 1086m. L’ambiance est vraiment particulière à l’intérieur. C’est sombre et humide, les petites lampes oranges éclairent à peine, et on voit le point blanc indiquant l’autre bout au loin. Celui-ci semble ne jamais se rapprocher. Le tunnel défile lentement… Un sentiment vraiment unique. Une fois sortis, on traverse un nouveau pont au-dessus de la rivière, puis on revient vers notre point de départ par un simple chemin sur l’autre rive. Une balade facile qu’on a adoré.

La péninsule de Coromandel

La péninsule de Coromandel, à l’est d’Auckland, est réputée pour sa nature, ses plages de sable blanc et ses eaux turquoises. Sa densité d’habitants est vraiment faible, sa plus grande ville étant Thames et ses 7000 habitants.

La route qui fait le tour de la péninsule est loin d’être droite, et les distances sont plus longues que prévues. On passera une première nuit sur la côte est, dans le free-camp de Pauanui, un parking tout proche d’une belle plage, avec des barbecues en accès libre.

Le lendemain, direction la Cathedral Cove, le lieu phare de cette péninsule. Le parking public est éloigné du site. Il faudra soit beaucoup marcher, soit prendre une navette chère et marcher quand même. Le choix est vite fait pour nous. On se gare donc proche d’une plage (il faut arriver assez tôt, à 10h le parking devient blindé et il faudra aller se garer encore plus loin). On marche quelques mètres dans le sable, puis on suit le littoral, en montant et redescendant de petites collines boisées. Encore une fois, il fait très chaud et même à l’ombre des arbres, on transpire à grosses gouttes… Le chemin monte et descend pendant 3 ou 4km, avant d’arriver enfin à cette fameuse cathédrale de pierre.

Le trou est gigantesque, on se sent tout petit à l’intérieur. L’eau autour est d’un bleu magnifique, ce qui rend la photo encore plus belle. On a envie de s’y baigner, mais on n’a pas pris les maillots cette fois… Tant pis. Contrairement à ce qu’on attendait, il n’y avait pas tant de monde. On a pu profiter du lieu tranquillement et ça, c’est tant mieux.

On reprend le van et les virages, cette fois-ci pour aller rejoindre une plage : la New Chums Beach, présente dans le classement des 10 plus belles plages du monde, rien que ça !

La plage n’est pas facilement accessible (et c’est sûrement pourquoi elle reste encore si sauvage et préservée). Il faut en fait se garer près de la plage Whangapoua, traverser un petit cours d’eau, marcher quelques centaines de mètres sur des rochers, traverser une forêt, et enfin, on y est !

Effectivement, la plage est magnifique. Du sable blanc, des arbres en bord de plage pour se faire une place à l’ombre, de l’eau claire s’abattant sur la plage avec des grosses vagues, et au loin, que de la forêt. La plage est grande et il y a peu de monde. C’est un endroit idéal pour se poser toute une après-midi, et on en profitera à fond.

Le soir venu, on comptait dormir à Coromandel, mais les quelques places disponibles pour le free-camp étaient déjà toutes prises. Donc plan B, on ira dormir dans un free-camp au milieu de rien, sur la route de gravier qui traverse la péninsule d’est en ouest. Après 30 minutes de virages et de graviers, on arrive au camp, très sommaire, mais très paisible. Ici, pas de réseau, pas de voisins.

Le lendemain matin, on reprendra la même route en sens inverse pour rejoindre Auckland. Au passage, on passe devant une cascade repérée la veille : les Waiau falls. Située juste en bord de route, c’est un petit arrêt sympa pour se dégourdir les jambes. La cascade est mignonne mais rien d’exceptionnel non plus

On devait également faire la randonnée du Castle Rock sur cette route, mais on avait lu que le chemin avait été fermé car dangereux. Et effectivement, on trouve à l’entrée un panneau indiquant que le chemin est sur une propriété privée et que l’accès est fermé. Dommage…

Auckland

Après Coromandel, direction Auckland, la capitale, et ses 1.7 millions d’habitants, soit plus de 25% de la population totale de NZ.

Comme il ne nous reste que peu de temps, on n’y accordera que deux petites journées.

On grimpera d’abord sur le mont Eden, un volcan endormi en pleine ville. D’en haut, on a une vue à 360° sur toute la ville. Le ciel est un peu couvert, mais on a quand même une bonne visibilité.

Passage obligatoire ensuite, on ira voir le mythique stade Eden Park, quartier général des All Blacks.

On finira par une glace de chez Giapo, dans le quartier des affaires. La glace y est chère (~13$), mais on y a mangé la glace la plus originale qu’on ait vu. A faire pour les gourmands.

Pour le second jour, on déambulera dans le quartier principal de la ville. A la Sky Tower d’abord, emblème de la ville. On n’y montera pas vu le prix, mais plusieurs choix sont proposés : simplement monter en haut de la tour, monter et marcher sur les bords de la tour attachés à une corde, ou même sauter à l’élastique !

Nouvel an Chinois oblige, de nombreuses animations avaient lieu dans les rues : musique traditionnelle, déguisements, animations. Bonne ambiance !

On est ensuite allé faire un tour rapide dans le Casino au pied de la Sky Tower. Mais les sommes minimales des tables sont assez élevées, et au bout de 10 minutes, on avait déjà perdu nos 20$, sans avoir eu le temps de nous amuser… Un peu déçus…

On se consolera en allant marcher vers le port, où de gros yachts stationnent, en mode « qui a la plus grosse ». Toutefois, le cadre est vraiment sympa, avec des petits restos au bord des pontons bien aménagés et de beaux voiliers. On s’y sent bien.

Sur la route du Northland

Une fois de plus, le temps nous manque pour parcourir l’extrême nord de l’île, donc on ne montera que jusqu’à Whangarei.

Sur la route, on fera un stop dans le parc régional Wenderholm, connu pour ses Kauri, des arbres mythiques pour les Mahoris, qu’ils voient comme le roi de la forêt, mais qui sont touchés depuis quelques années par une maladie qui les décime : un champignon, principalement porté par les mouvements de terre des marcheurs, attaque les racines de l’arbre et le prive de tout nutriment. L’arbre meurt intérieurement, sans que rien ne puisse être fait.

Les autorités néo-zélandaises privilégient donc la prévention, soit en fermant les chemins, soit en les aménageant et en ajoutant des portiques de désinfection de chaussures en entrant et sortant des parcs.

Le parc Wenderholm abritait une forteresse Mahori il y a quelques centaines d’années. On y trouve quelques vestiges, comme des coquillages dans la terre, servant à l’époque d’alarme pour les invasions (le bruit des pas sur les coquillages alertaient la tribu). Le haut de la colline offre un beau point de vue sur la baie et la nature environnante.

On continue de rouler en direction du nord, cette fois pour aller voir des « glow-worms caves », ou grotte à vers luisants. Les plus connues de NZ, les Waitomo Caves, nous semblaient un peu chères, donc on a trouvé les Waipu Caves comme alternative, totalement gratuites. Après un chemin de terre, on accède à un parking très peu rempli. La grotte est une centaine de mètres plus loin. Sur le chemin, on croise des gens aux chaussures complètement trempées. Est-ce qu’on va devoir marcher dans l’eau ? Un couple à qui on demande nous dit qu’il est possible d’éviter de se mouiller les pieds en sautant de pierre en pierre, mais que la méthode la plus simple était de suivre le petit cours d’eau directement…

Vu qu’on ne veut pas faire sécher nos chaussures après, on opte pour la méthode chiante. On traverse donc les cours d’eau sur des petites pierres jetées ici et là. Certaines stables, d’autres non…

Après quelques mètres seulement, on se retrouve dans le noir complet. On éteint nos lampes, et là… Quel spectacle ! On dirait un ciel étoilé tellement il y a de petits points lumineux sur les parois de la grotte.

On restera là, dans le calme et l’obscurité, une vingtaine de minutes avant de ressortir. On entend déjà un grand groupe de gens arriver avec des gosses . Heureusement qu’on a évité ça…

Dernière étape de notre route vers le nord, on s’arrête à Whangarei, au Native Bird Recovery Centre, un refuge pour oiseaux tenu par un couple de passionnés. On arrive pile pour une visite guidée du refuge. Le gérant entre dans une cage et en sort un Kiwi, qu’il dépose tranquillement à nos pieds. On ne voulait pas partir de NZ sans avoir vu l’oiseau emblématique du pays ! Il nous expliquera tout un tas de trucs sur le kiwi, notamment qu’en absence de prédateur, cet oiseau endémique a perdu ses ailes au profit de pattes plus musclées, et ses plumes ressemblent à des poils. Il ne peut donc plus voler, mais peut faire des pointes de course incroyables. Etant un oiseau nocturne, il ne voit pas grand chose, et utilise plutôt l’odorat de son long bec pour dégoter de la nourriture sous la terre. Un moment vraiment mignon.

On ira ensuite dans une salle où se trouvent un paquet d’oiseaux empaillés, donc 2 magnifiques albatros. Leur envergure dépasse les 3 mètres, c’est impressionnants, Le gérant nous racontera qu’il en a déjà sauvé plusieurs ici au refuge, et qu’il les a remis en liberté en mer depuis un bateau. Un moment magique pour lui.

Le refuge secourt chaque année plus de 1000 oiseaux, en fonctionnant uniquement sur donations.

On finira cette journée par un passage à la cascade de Whangarei, avant de redescendre en direction d’Auckland. La fin du périple approche…

Côte ouest d’Auckland

Dernière étape de notre séjour en Nouvelle-Zélande : la côté ouest du milieu de l’île, lieu de week-end des habitants d’Auckland, notamment pour le surf.

Après plusieurs kilomètres sur des routes en zigzag encore une fois, on arrive au parc régional Muriwai. Il n’y a pas beaucoup d’habitants ici, c’est sauvage !

Sur les falaises au bord de la mer, on ira observer une colonie de Fous de Bassan. C’est impressionnant ! Des centaines et des centaines d’oiseaux viennent se reproduire ici et élever leur petits. Pourquoi à cet endroit précis ? Simplement parce que les vents ascendants qui arrivent sur la falaise permettent à ces oiseaux de s’envoler plus facilement, et aux petits d’apprendre à voler plus facilement également. Depuis les points de vue aménagés, on se trouve parfois à 1 ou 2 mètres des Fous de Bassan. Cela ne semble pas les déranger. Le spectacle est encore une fois incroyable… Un de nos meilleurs souvenirs du pays.

Le lendemain, on finira notre visite d’Auckland avant de rendre notre van Mo-Unga, qui nous a fait vivre un mois exceptionnel dans ce beau pays qu’est la Nouvelle-Zélande, puis on prendra un avion en direction de l’Asie.

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