Île du Nord (1/2)

De Wellington à la région des volcans

Wellington

Après 2h30 de ferry, nous arrivons sur l’île du nord, à Wellington, la capitale du pays. Le décor est bien différent des villes du sud. Ici, il y a un quartier d’affaires avec des gratte-ciels, avec un grand côté « US ». Mais on se rappelle vite qu’on est en NZ quand on voit toutes les collines environnantes. La ville reste majoritairement verte.

Notre première destination est le Mont Victoria, non loin du centre. On grimpe à 200m de haut pour voir la ville d’en haut. Un mélange étonnant entre mer et montagnes, entre quartiers pavillonnaires et tours d’affaires de 40 étages, entre campagne et industrie.

On se rend ensuite au musée Te Papa, dont on a entendu que du bien. C’est le musée national de la Nouvelle-Zélande, expliquant son histoire et sa culture.

Le format interne rappelle celui de la Cité des Sciences à Paris : Le musée est constitué de salles principales et permanentes, mais aussi de nombreuses expos temporaires à thème, toujours avec un aspect très ludique.

On se laisse prendre au jeu, et on visite tour à tour les différentes salles, captivés, que ce soit sur la faune, l’activité géologique, la colonisation, mais aussi la guerre, avec des statues de cire géantes de soldats. On y passera finalement plus de 3 heures… Un très bon moment.

On reprend à nouveau la route avec notre van, en direction du lac Taupo, et ses nombreuses activités alentours, dont le célèbre Tongariro Alpine Crossing

Tongariro Alpine Crossing (19km – 1100m D+)

Nous démarrons ce long trek tôt le matin. Vu sa configuration et les restrictions de parking, il faut se garer à l’arrivée et prendre une navette hors de prix pour rejoindre le point de départ… Bon business encore une fois…

Arrivés au départ sur les coups de 9h, nous entamons le trek. Les premiers kilomètres sont faciles, c’est plat et super bien aménagé. Puis on commence à voir des panneaux chelou, avec écrit des choses comme « Attention! Vous êtes bien sûrs d’être prêts à continuer? N’hésitez pas à faire demi-tour ». Pas très rassurant… Mais il y a beaucoup d’accidents et d’évacuations sur cette rando, mieux vaut prévenir.

On attaque la première grosse montée, sur le flan de roche noire du volcan Ngauruhoe. C’est raide et accidenté, on voit de plus en plus de gens en mode « pause ». Puis on arrive en haut (enfin, pas du tout « en haut » en fait) pour observer le volcan. Pour l’anecdote, c’est le volcan qui a inspiré Peter Jackson pour la montagne du destin dans le Seigneur des Anneaux (là où on été forgés les fameux anneaux, et là ou Frodon détruit l’anneau de pouvoir à la fin), grâce à sa forme parfaitement conique. Ce volcan est toujours en activité, et fait des éruptions régulièrement (70 dans les 200 dernières années, mais la dernière date de 1977)

On continue un peu à plat, puis ça remonte de nouveau. Plus raide, plus fort, et moins aménagé. Le sol se dérobe souvent sous nos pieds, la montée n’est vraiment pas évidente. En arrivant enfin au sommet, on a une vue panoramique incroyable, avec le volcan, le Red Crater, et les Emerald Lakes.

On redescend ensuite pour rejoindre la vallée d’arrivée. Le chemin nous offre une magnifique vue jusqu’au lac Taupo, et ensuite… La descente est longue, très longue… Ca serpente, ça fait des détours, ça n’avance pas… On presse le pas pour finir ça au plus vite.

Une fois de retour dans notre van, on s’arrête, et on réalise tout ce qu’on vient de prendre dans les yeux… Quelle claque !

Taupo

On prend ensuite la route direction Taupo, en longeant le lac du même nom. On en profite pour prendre une bonne douche bien chaude dans une piscine municipale, avant de rejoindre un parking au bord de la rivière Waikato pour la nuit. Il n’y a pas foule, et c’est tant mieux.

Le lendemain matin, on marche quelques mètres pour rejoindre un point de vue assez inédit. En fait, notre parking se trouve tout près d’un barrage, qui lâche 2 fois par jour de grosses trombes d’eau vers l’aval. Le premier est à 10h, le second à midi. A 9h55 on est sur le qui-vive. Plusieurs sirènes retentissent. On arrive au point de vue. Une eau calme et limpide se trouve en contre-bas, dans un canyon d’une dizaine de mètres de profondeur. On se doute que cette eau paisible va devenir un vrai cauchemar dans quelques minutes !

10 heures tout pile, le barrage s’ouvre. On voit l’eau s’engouffrer au loin, et l’eau monter bassin par bassin. C’est assez surprenant de voir que l’eau met quand même un certain temps à descendre, malgré le débit. Mais au bout de quelques minutes, ça y est, l’eau commence à s’engouffrer dans le canyon devant nous. Celui-ci se remplit encore et encore, et l’eau monte sans arrêt. Le petit cours d’eau tranquille est maintenant un bassin tumultueux. C’est captivant

Direction ensuite les Huka falls. La rivière qu’on vient de voir se déverser dans un canyon juste au-dessus passe en amont par une espèce de couloir étroit de roche, avant de se jeter avec puissance 10 mètres plus bas. La cascade n’est pas haute, mais elle déverse 200.000 litres d’eau par seconde ! Et comme d’habitude ici, la couleur de l’eau est hypnotisante…

Wai-O-Tapu

On reprend ensuite la route pour le parc Wai-O-Tapu, un grand parc géologique, où on trouve une multitude de trous et de bassins formés par les remontées de gaz volcaniques. L’odeur est assez prenante, mais après l’Islande, cela ne nous surprend plus.

On se balade dans le parc. Il existe 3 boucles, selon le temps qu’on souhaite y passer. On décide de faire la complète (ben oui, vu le prix qu’on a payé, autant rentabiliser au max… $32.5, soit 20€)

Il y a une grande variété de trous et de bassins, donc on ne s’ennuie pas. Les couleurs et les formes s’enchaînent, sous une chaleur assez forte ce jour-là. Certains bassins sont vraiment impressionnants, comme la Champagne Pool, d’un bleu vif, avec des bords orange fluo, et des millions de petites bulles qui remontent vers la surface. Ou encore le Devil’s Bath, complètement vers fluo, digne des bassins ou tombent les méchants de dessins-animés avant de devenir des mutants.

Rotorua

Rotorua nous a fait penser un peu à Queenstown dans l’île du sud, dans le sens où c’est « the place to be » sur l’île du nord pour le fun. Le paradis du VTT et du BMX, de nombreux sports nautiques, et un parc aquatique.

Vu notre budget serré, on zappera ces activités, et on ira se balader plutôt dans un village Mahori. Dans cette région, de nombreux villages sont cerclés d’une clôture en bois, et les touristes payent un ticket d’entrée pour les visiter. On trouvait ça un peu « fake », donc on a plutôt choisi d’aller dans le village au bord du lac Rotorua, Ohinemutu. Ce n’est pas très grand, mais on peut y voir des maisons Mahoris, avec chacune son petit bassin d’eau naturelle bouillonnante, et de nombreux totems. Pas exceptionnel, mais intéressant tout de même.

Le soir venu, on part se poser dans un parking au bord du lac. Alors qu’on était tranquillement installé, on entend un bruit de moteur de voiture tournant à fond, puis d’un coup, plus rien… Bon, sûrement des jeunes en train de faire les kékés sur l’herbe à proximité. Puis on entendra plusieurs vrombissements de nouveau, mais cette fois comme si la voiture patinait dans le vide. Je sors donc pour aller voir, et là… 2 jeunes Néozélandais avec une Subaru noire s’étaient retrouvés les 2 roues arrières dans le vide, au bord du lac, après avoir fait des donuts sur l’herbe… Tous les essais pour la sortir de là avaient échoué : monter sur le capot pour mettre du poids à l’avant pour que les roues ne patinent pas, ou essayer de la tracter avec un campervan et une corde. La corde a lâché… Du coup les mecs me demandent si je veux bien essayer avec notre van. Allez… Il est robuste, ça peut passer. J’amène le van devant, on fait un gros noeud avec la corde cassée, on l’attache d’un côté et de l’autre, et c’est parti. Mo-Unga (notre van) tire de plus en plus fort, et d’un coup, la Subaru avance et repose ses 4 roues sur la terre ferme ! Notre van, c’est le plus fort !

Je passerai encore un moment à discuter avec les 2 jeunes de tout et de rien, avant de rejoindre Claire pour une bonne nuit de sommeil…

Le lendemain, on voulait aller voir les Hamurana Blue Springs (sources d’eau claire) juste à côté, mais en voyant le prix d’entrée à $18, on a vite fait demi-tour…

Putaruru – Te Waihou Blue Springs

On continue notre route vers le nord, en passant par les Te Waihou Blue Springs. L’entrée est gratuite, donc on saute sur l’occasion. La route est vraiment différente, on se retrouve au milieu de plein de petits collines qui s’enchaînent. On sent qu’on se rapproche de la « Comté », la fameuse région qui a inspiré Peter Jackson pour y faire vivre ses Hobbits.

Mais revenons aux Blue Springs. Le chemin est bien aménagé, et on arrive après quelques minutes au spot principal. L’eau y est encore une fois complètement transparente, avec une végétation sous-marine qui provoque un subtile mélange de couleur. On est sous le charme

On continue le chemin, qui mène vers des parties plus ombragées. Lorsque le soleil parvient à s’y engouffrer, la couleur de l’eau est sublimée. C’est, je pense, la plus belle source qu’on ait vu en NZ.

Hobbiton

C’était LE passage incontournable pour moi, grand fan de la saga du Seigneur des Anneaux. Malgré le prix assez élevé ($70), j’ai convaincu Claire d’y aller.

On a réservé nos places la veille pour le lendemain, en prenant la dernière session. Il y avait du monde, mais sans que ça soit pesant. C’est assez marrant de voir qu’il y a des files d’attente et des bus spéciaux pour les Chinois. En même temps, ils viennent par bus entiers, et ne quittent jamais leur groupe.

Quant à nous, on sera dans un groupe d’une trentaine de personnes, avec une guide en Anglais. Celle-ci commence d’ailleurs par nous demander qui avait lu les livres, vu les films, et même vu les films plus de 3 fois. Pour la dernière question, on n’était que 2 à lever la main. Mais plus surprenant encore, elle nous affirme qu’ici, plus de 50% des visiteurs viennent sans même connaître l’histoire. Comme quoi, c’est vraiment une attraction à part entière, et pas juste un truc pour fanboy.

Bref, on commence la visite, et on est tout de suite plongé dans l’ambiance. On découvre les fameux « trous de Hobbits », leurs petites maisons semi-enterrées, avec une porte ronde typique. On est dans le vrai décor du film, toutes les maisons ici sont celles que l’on retrouve dans la saga. D’ailleurs, elles ne sont pas creuses. Il y a juste de quoi ouvrir la porte, mais le reste de l’intérieur n’existe pas. Les scènes en intérieur étaient filmées en studio à Wellington.

On traverse le village, au milieu des plantes et fleurs. La guide nous explique que toutes les plantes sont vraies, mais que les fruits sont faux. C’est à s’y méprendre.

On arrive devant le plus connu des trous : la maison de Bilbon Saquet. Située tout en haut du village, elle est surplombée par un chêne énorme. Celui-ci est d’ailleurs un faux. Lors du tournage de la première trilogie, un vrai chêne avait été déraciné et posé là. Mais il n’a bien sûr pas résisté au temps. Peter Jackson a donc demandé la création d’une réplique exacte, avec une armature en métal et des feuilles fabriquées et peintes à la main. A l’oeil nu, difficile de voir que c’est un faux… Les feuilles laissent passer la lumière du soleil du soir, comme le feraient des vraies. Bluffant.

On redescend ensuite vers la place du village, puis vers la taverne, pour y déguster une bonne bière, avant de retourner dans le vrai monde.

Un moment hors du temps…

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