Canyon de Colca

Le canyon de Colca, situé à quelques heures de route d’Arequipa, est le canyon le plus profond du monde (ou du moins, le second, un autre plus profond ayant été découvert non loin de là). C’est un repère bien connu des condors, des oiseaux charognards pouvant atteindre 3 mètres d’envergure, et de sources chaudes.

Ça a été un de nos coups de cœur du Pérou, malgré la déception de n’avoir vu aucun condor.

Notre périple commence donc à Arequipa, où en prend un bus local (Reyna, 17 Soles) pour 6h de route, qui se transformeront en 8… on arrive en fin de journée à Cabanaconde (3200m), point de ralliment des trekeurs pour la nuit, avant de partir le lendemain matin. On mange juste un poulet braisé, et au lit.

Jour 1

On se lève à 6h30 dans l’idée de se mettre en chemin à 7h vers Llahuar, un hameau au fin fond du canyon avec seulement 2 lodges et des sources chaudes naturelles.

On prend un petit-déjeuner consistant pour le Pérou : thé, pain, confiture, beurre, smoothie, un avocat et une crêpe! Mirko, notre hôte du jour, est aux petits soins.

À 7h30, on se met enfin en route (on a un peu perdu de temps à bouffer comme des gros et à discuter avec une Malaysienne). On part acheter notre pass pour le canyon (70S / 19€) sur la place, et c’est parti!

De visu, la marche ne s’annonce pas difficile : 11km de descente pour passer de 3200m à 2000m. Mais c’était plus dur que prévu : la descente est raide et glissante, on se gaine pour garder les appuis, et on se fatigue bien plus que sur du plat, surtout nos genoux… Mais on en prend tellement plein les yeux qu’on oublie la douleur…

Arrivés presque en bas, un autre obstacle se dresse devant nous : on aperçoit le pont en contre-bas, mais le chemin indiqué n’est pas évident. On se trompe de chemin, et on se retrouve dans un sillon créé par la chute des pierres, bien raide! On décide de ne pas revenir sur nos pas et de tenter de rejoindre un chemin qu’on voyait un peu plus bas. Grosse erreur… Après avoir galéré à descendre cette partie très raide, on se retrouve au bord d’une falaise d’une dizaine de mètres de haut, sur un terrain friable. On prend vraiment des risques en passant par là. J’essaye d’aider et de rassurer Claire au maximum pour passer ce point chaud. Enfin ! On est en bas…

Mais c’est pas fini 🙂 Il faut maintenant suivre la route de poussière sous le soleil de midi. Un panneau annonce 1km jusqu’à Llahuar. On comprendra plus tard que c’était du mytho… Bref, ça ne monte pas tant que ça, mais avec la fatigue + la chaleur, on souffre… il nous restera ensuite à redescendre encore 10 minutes pour atteindre le hameau tant attendu! Ici, aucune route ne passe, l’endroit est accessible seulement à pied. On arrive dans notre lodge, la Casa de Virginia, un endroit trop mignon et authentique, qui produit son électricité au solaire, et qui récupère l’eau de la source avoisinante.

Il est 12h30 et on a la dalle. Notre hôte nous propose un plat à 6 Soles pour nous restaurer. On s’attendait à bien plus cher dans un coin aussi reculé… on mange, on s’offre une sieste bien méritée, et à 16h, direction les bains de sources chaudes. Quel régal… le paysage est sublime et l’eau est à plus de 30, on se détend vraiment.

On remonte dans notre lodge à 18h, et on fait la connaissance de 2 françaises en voyage, Justine et Laurie. On joue aux cartes, on savoure un bon dîner préparé par notre hôte, et on papote pendant plusieurs heures, avant de se coucher pour être en pleine forme pour la journée de demain.

Jour 2

Pour cette deuxième journée, on part de Llahuar pour rejoindre l’oasis de Sangalle, une sorte de petit paradis vert au milieu de ce canyon aride. C’est censé être la journée la plus cool des 3, mais il y a quand même 10km et 800m de dénivelé positif d’abord, négatif ensuite. Nos 2 nouvelles amies avaient décidé de faire une étape de plus, donc on ne les retrouvera qu’après le trek.

On commence la grimpette à 7h30. La montée est assez rude, et on a les jambes un peu lourdes de la veille. Malgré tout, on garde un bon rythme et en 2h on atteint le mirador qui annonce la fin de la montée. On est sur l’autre versant du canyon, donc on voit notre chemin de la veille en face. On se rend effectivement compte que ça descendait bien !

Normalement, il nous restait 2h de descente pure depuis ce point. Mais les genoux de Claire n’ont pas tenu le coup, et la descente s’est avérée biennnn plus longue que prévue. Moi, j’avais envie d’arriver vite à l’oasis pour me reposer, donc j’ai pris sur moi un long moment pour supporter de trainer le pas. Mais on a quand même fini par y arriver, c’est le principal me direz-vous.

L’oasis est magnifique. Ca contraste vraiment avec le reste, et on s’y sent bien. Les lodges sont restées authentiques (on y trouve quand même du wifi ^^) et c’est plaisant. On profite de la piscine et des hamacs l’après-midi, malgré un temps maussade.

Demain, c’est journée repos, donc on en profite pour faire le tour de l’horloge afin de récupérer.

Jour 3

Bah rien… On se l’est coulée douce toute la journée. On était les seuls à faire 2 nuits ici, donc on avait l’oasis pour nous tout seuls

Jour 4

La dernière journée du trek n’est pas longue, mais elle est intense ! 6 kilomètres nous attendent, dont 4 pour reprendre 1200m d’altitude ! Eh oui, ça grimpe très fort ! Heureusement, on a un jour de repos dans les pattes, donc ça devrait le faire…

On met donc le réveil à 5h20, dans le but de partir à 6h après un bon petit-dej. Le but étant de monter avant que le soleil ne tape sur le chemin et n’ajoute de la difficulté.

Le temps annoncé est de 3 heures. On se dit qu’on a le temps, et qu’on vise entre 3 et 4 heures pour arriver à Cabanaconde. On commence donc la grimpette, le ventre bien plein. On en profite aussi pour remplir les gourdes de l’eau de source, qu’on pourra boire grâce à notre paille filtrante (testée pour la première fois du voyage dans ce trek).

La montée est vraiment dure, mais Claire est en mode soldat ce matin, elle avance d’un pas déterminé et régulier, sans s’arrêter. On double un paquet de gens, tous en souffrance. Le rythme est parfait. On s’arrête enfin au bout d’1h30 de grimpette pour boire un coup et regarder en bas. On a déjà bien avancé, ça nous motive à continuer. On décide de continuer sur la même cadence, avec pour prochaine pause le haut du canyon ! C’est reparti sur un rythme soutenu. Ca n’en finit jamais !

Après 2 heures, on arrive enfin en haut. La vue est sublime. On en profite pour boire et prendre quelques photos, tout comme la vingtaine de personnes aux tronches fatiguées assises ici. Au loin, au même niveau que nous, on voit Cabanaconde, notre point final. On se dit qu’il n’y a clairement pas une heure pour y arriver : on est en avance ! Cool, on va pouvoir prendre le bus de 9h et peut-être revoir nos copines croisées à Llahuar.

C’est reparti pour de la marche, cette fois sur du plat. Easy ! En 20 minutes, on est sur la place de Cabanaconde : 2h20 au total pour cette marche, clairement, on est fier et on se la pète ^^

On récupère nos sacs laissés à l’auberge 3 jours avant, on réserve le bus, et on retrouve Justine et Laurie sur la place pour se raconter nos aventures mutuelles.

Benj

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